D'un pas alerte, il se dirige vers les sous bois pour une promenade, suivi de son chien Balthazar. Il aime ces moments où il laisse son corps diriger ses pas, les sens en éveil, lui qui aime tant la nature. Elle lui parle, tout lui parle et il se laisse prendre par elle. Il est bien, il est heureux et il communique avec son chien qui fait des va-et-vient joyeux et le remercie de ces moments privilégiés. Il arrive au bord de la clairière qu'il connait bien, s'allonge dans l'herbe pour un petit somme. Ses yeux bleus se noient dans un ciel tout aussi bleu. Il rêvasse. C'est son grand moment où tout devient poésie et joie d'être là. A chaque fois, c'est la musique qui vient, sans aucun effort, les notes surgissent, sautent de branche en branche, de nuage en nuage, se pressent les unes derrière les autres. Il prend son violon, prépare son archer et plaque les premières mesures d'une mélodie nouvelle qui viendra s'ajouter à toutes celles qu'il a déjà composées. Tout un frémissement du corps, de l'âme, et là, seul au monde, il est heureux. Cela existe, il existe. Il sait qu'à tout moment, il pourra retrouver cela, personne ne pourra jamais le lui enlever.

Il faut rentrer. Balthazar et lui s'ébrouent et prennent joyeusement le chemin du retour.

Cet homme, c'était mon père.

NKL