Une femme sans charme regarde l’ange passer.

         Il distribue les âmes. Elle lui fait signe.

        L’aveu d’impuissance demande du courage.

        L’ange comprend son désarroi et tend la main qu’elle prend.

        Elle hésite encore. La décision est difficile. Vertige du vide.

        Mais elle sait aussi que l’ogre insatiable rode.

        Elle ne peut se permettre d’être faible dans cette nudité de naissance

        qu’elle trimballe depuis si longtemps.

        La main lui chauffe le corps, et le souffle revient et avec lui

        l’espoir qui illumine son visage et la rend belle.

        La chair reprend vie et la fièvre du désir éclabousse

        tout son corps qui tremble d’un avenir possible.

        Désormais, l’ogre terrassé, elle n’a plus peur

        et la route est libre.

        NKL